Une erreur humaine fait fuiter plus de 117 000 emails militaires de l’armée américaine vers une adresse du .ML (Mali)

Un domaine du .ML du Mali aurait reçu par erreur près de 117 000 emails militaires de l’armée américaine. L’information a été publiée lundi 17 juillet 2023 par le Financial Times. Selon le média américain, des millions de courriels de l'armée américaine ont été mal acheminés vers ce domaine suite à une " faute de frappe". Un incident numérique qui a révélé des informations très sensibles, notamment des documents diplomatiques, des déclarations de revenus, des mots de passe et les détails de voyage d'officiers supérieurs, des données médicales, des informations sur les documents d’identité, des listes du personnel des bases, des plans et des photos d’installations, des rapports d’inspection navale, des contrats, des plaintes pénales, des enquêtes internes et même des rapports fiscaux et financiers.

Le Financial Times rapporte que cette fuite aurait été signalée aux autorités américaines à plusieurs reprises par Johannes Wilhelmus Antonius Zuurbier, propriétaire de la société Mali Dili, basée à Amsterdam. Cette société est responsable de la gestion du domaine internet du Mali (.ML). Ainsi, pendant 10 ans (c’est-à-dire de 2013 à 2023), la société a été gérée par Johannes Wilhelmus Antonius Zuurbier. Ce qui lui a permis de collecter les 117 000 emails militaires américains envoyés par erreur et de donner ensuite l’alerte aux autorités américaines à propos de la fuite.

À en croire les informations relayées par CNN Politics, Johannes Wilhelmus Antonius Zuurbier, a reçu les e-mails parce que sa société avait été engagée pour gérer le domaine internet du Mali (.ML) depuis 2013. Après la réception des emails, il a déclaré avoir soulevé la question avec divers responsables américains, y compris l'ambassade des États-Unis au Mali plus tôt cette année. Toujours selon CNN Politics, après avoir été interrogé sur les risques de sécurité possibles et les e-mails mal acheminés, l’entrepreneur web néerlandais a soutenu : "Oui, j'étais inquiet, je le suis toujours !" 

Après la publication de cette information par le quotidien américain, des officiers de haut rang de l’armée américaine ont réagi pour exprimer la gravité ou la pertinence de cette fuite. En effet, pour Mike Rogers, amiral américain à la retraite qui dirigeait la National Security Agency (NSA) et le Cyber ​​​​Command de l’armée américaine, les conséquences potentiellement catastrophiques d’un tel accès constant à l’information peuvent être gravissime pour le gouvernement américain. 

Ainsi, il déclare : “Ce n’est pas rare. Les gens font souvent des erreurs, mais le problème est l’ampleur, la durée et la sensibilité de l’information.” À lui s’ajoute, le lieutenant Tim Gorman, un porte-parole du Pentagone, explique que le Ministère de la Défense “est conscient de ce problème et prend au sérieux toute divulgation non autorisée d’informations contrôlées relatives à la sécurité nationale ou d’informations non classifiées contrôlées”.

“Aucun des e-mails divulgués n'a été envoyé à partir d'adresses e-mail officielles du ministère de la Défense, mais le département a empêché ses comptes de messagerie d'envoyer des e-mails aux adresses e-mail .ml par précaution”, a poursuivi lundi l'attachée de presse adjointe du Pentagone, Sabrina Singh selon les précisions de CNN Politics.
 
Koffi ACAKPO
Journaliste digital